Nous reviendrons ultérieurement sur le baptistère et les 3 plaques situées au-dessus de cette dalle.
Cette dalle funéraire, qui a près de mille ans, était située dans le chœur de l’église et recouvrait le caveau du seigneur de Chêne-Arnoult, Jehan de Corguilleroy. Elle fut, à partir de 1494, utilisée comme table d’autel comme l’atteste l’emplacement de la pierre d’autel sous le coude droit du gisant, lorsqu’elle a été exhumée des décombres de l’église détruite par Henri V de Lancastre.
On peut y lire l’inscription suivante :
« Ci gist messire Jehan de Corguileroi qui trespassa an lan de grâce mil CC IIII XX et V le vendredi après la seinct Micheil »
Plusieurs observations s’imposent :
Au XIIIème siècle le nombre 80 pouvait s’écrire IIIIXX ou LXXX ;
Pour mentionner une date, on faisait alors référence au calendrier liturgique : on indique ici « qu’il trépassa le vendredi après la saint Michel » ;
A la date précise où Jean de Corguilleroy mourait, le 5 octobre 1285, le roi de France Philippe III le Hardi, fils de St Louis, s’éteignait à Perpignan, laissant le trône à son fils Philippe IV le Bel qui fut le premier des « Rois maudits ». Ni le pape Clément V ni Philippe le Bel ne finirent l’année 1314, année où Jacques de Molay, grand maître des Templiers leur jeta sa malédiction du haut du bûcher auquel ils l’avaient injustement condamné. Pierre de Charny était sur le bûcher avec Jacques de Molay.
L’orthographe de son nom était « Corguilleroi » telle qu’elle figure sur la dalle. Il exerçait la fonction de « maître de la vénerie du roy » auprès du roi Charles VI, dit « le fou ». Les habitants du village de Corquilleroy situé à 7km au nord de Montargis sont appelés les « guillerets ».
Son blason est revêtu d'un lambel à cinq pendants qui est une "brisure" pour désigner un cadet et non un chef d'armes. Le mot LAMBEL viendrait de "lamb" qui désigne un agneau ou plutôt la peau fraîche d'un agneau que les cadets posaient à cheval sur le sommet de leur écu, laissant pendre les 4 pattes et la queue de l'agneau dépecé et qu'on appelle "pendants". Il peut y avoir cinq ou trois pendants.
Le défunt a été représenté avec un chien sous les pieds qui symbolise la fidélité au souverain et au royaume, mais aussi et surtout la foi du défunt. Le chien est aussi le guide dans le royaume des morts.
Cette dalle a été classée monument historique en 1910.